Rubâi’yât / Chants sacrés du corps amoureux II


Julie AZOULAY

Chant et composition

Jérémie SCHACRE 

 Guitare électrique et guitare classique

Thomas BOURGEOIS

Zarb et daf


Ce programme de chants sacrés autour de la poésie des Rubâi’yât de Djalâl ad-Dîn Rûmî est un hymne au bonheur et aux splendeurs de la vie terrestre. Julie Azoulay met en musique ces quatrains médiévaux étincelants de beauté, rendant ainsi hommage à la nature, notre lieu de vie refuge et source nourricière ultime. Parmi les poètes de la langue persane de l’époque classique, Rûmî, mystique du courant musulman soufi, poète et penseur, a écrit au XIIIe siècle ces méditations spirituelles marquées par une étroite relation entre la musique et la langue.

Amant passionné de dieu, il y exprime ses sentiments de manière incandescente, appelant inlassablement la puissance des éléments terrestres et de l’espace cosmique au-delà. Le parallèle constant entre l’amour des amants et l’amour pour dieu, entre la vibration charnelle et la passion divine rappelle l’ambiguïté du poème hébreu biblique du premier volet des Chants sacrés du corps amoureux. Là aussi la liqueur coule abondamment (le vin/ le miel, le lait) et la flamme divine attise la langue du poète « brûlé ». C’est la joie au sens de la joy des troubadours qui fit danser le poète inspiré par le mouvement giratoire des planètes (danse derviche, sama).

Rûmi que le monde de l’Islam désigne, par respect, comme «notre maître» n’est pas seulement l’un des plus grands penseurs de tous les temps, un voyant qui — au XIIIe siècle! — parlait de fission de l’atome et de la pluralité des systèmes solaires, mais aussi l’un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, et le fondateur de l’ordre des derviches tourneurs. La mise de l’homme au diapason du cosmos, l’oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et , à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi’yât : comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que « réveiller les mystères du coeur ». (Eva de Vitray-Meyerovitch et Djamchid Mortazavi, Editions Albin Michel 1987).


Traduction des Rubâi’yât (« Quatrains ») de Djaâl-Od-Dîn Rûmî par Eva de Vitray-Meyerovicth et Djamchid Mortazavi, Editions Albin Michel, 1993



DOSSIER RUBÂI’YÂT ENSEMBLE L’IVRE


Crédits photographiques : Jonas Jacquel – Jean-Daniel Charpentier